Le test en détail

Évaluation

En synthèse

Même passé sur ordinateur, ce test doit être coté avec le même bon sens clinique qu'un test traditionnel : ce qui compte, c'est de comprendre ce que l'enfant sait réellement, pas de prendre chaque réponse au pied de la lettre.

Le fait d'avoir affaire à un logiciel plutôt qu'à un test traditionnel ne devrait en rien influencer la manière de coter les réponses fournies par l'enfant.

L'ordinateur sert d'intermédiaire mais il ne remplace en rien le testeur pour ce qui relève de l'évaluation de la qualité des réponses données par l'enfant.

Blague comparant la sévérité des notes en 1969 et en 2009

Pour des raisons liées sans doute à l'aspect « sérieux », rationnel et précis de l'ordinateur, on a souvent tendance à coter plus sévèrement une réponse lorsque la question est posée via un logiciel que lorsqu'il s'agit d'un test plus traditionnel.

Pourtant, l'évaluation doit être guidée par le bon sens clinique ; ce qui nous intéresse à travers l'évaluation, c'est de parvenir à comprendre ce que l'enfant sait réellement ; les réponses fournies ne doivent pas nécessairement ou systématiquement être prises au pied de la lettre.

Nous l'avons déjà souligné, ce qui nous intéresse, au travers des réponses fournies par l'enfant, c'est d'évaluer ses compétences. Le test, à l'instar de tous les tests pratiqués en sciences humaines (et en sciences de l'éducation en particulier), n'atteint la compétence qu'au travers de la performance de l'enfant. Il est donc très important d'être vigilant quant aux parasitages éventuels des réponses par des éléments ne relevant pas de la compétence évaluée.

Parfois, mais uniquement en cas de doute (lui-même suggéré par le « feeling »), il peut être nécessaire de reposer une question, afin de s'assurer que l'erreur commise par l'enfant n'est pas fortuite.

Illustrons ceci à l'aide de deux exemples

1. Soit la question « Jusqu'où sais-tu compter ? Compte le plus loin possible. »

Il n'est pas rare, surtout en classe de maternelle, qu'un enfant commence à compter puis s'arrête brusquement. En situation habituelle de test, c'est-à-dire lors d'une évaluation effectuée sans l'intervention d'un ordinateur, tout psychologue expérimenté « sent » quand il ne doit pas s'en tenir d'emblée à la réponse première et « sait » quand il est inutile d'insister.

Bref, c'est le « feeling », associé à une bonne connaissance du domaine investigué, qui nous pousse à encourager l'enfant et c'est ce même feeling qui nous amène à ne pas insister inutilement ! Le programme, tout système expert qu'il est, ne nous est malheureusement d'aucune utilité dans ces cas-là...

Exemple concret :
L'enfant : « 1, 2, 3, 4 »
Le testeur : « C'est très bien mais je suis sûr que tu peux compter encore plus loin ; vas-y, compte le plus loin possible sans t'arrêter » (ou toute autre consigne du même type).

2. Il va sans dire qu'il ne faut pas systématiquement autoriser l'enfant à s'y reprendre à deux fois en cas d'échec.

En calcul mental, il serait absurde de permettre chaque fois à un enfant de recommencer lorsqu'il se trompe. Ici aussi, c'est le bon sens qui doit guider la conduite à suivre.

Soit la question : « Combien cela fait, 2+3 ? »
Supposons que l'enfant vous réponde : « 2+4, cela fait 6. »

Il va de soi que vous devez lui répéter la question. En effet, son erreur ne résulte pas, en toute vraisemblance, d'une difficulté en calcul mental mais bien d'une mauvaise compréhension de la consigne.

Par contre, si la réponse de l'enfant est fausse et que rien ne vous permet de penser qu'il l'a mal comprise, n'hésitez pas à enregistrer son erreur.

De toute façon, des balises sont prévues au sein du programme ; en cas de réponse erronée, d'autres questions du même type et de difficulté similaire sont presque toujours proposées.