Fondements
Introduction
Un dépistage précoce des difficultés en mathématique est essentiel — et cela suppose de bien distinguer deux notions : les performances de l'enfant (ce qu'il sait faire) et ses compétences (ce qui les sous-tend).
🎬 Voir la présentation vidéo de MathEval — un aperçu rapide du test, de sa logique et de ses objectifs.
Au contraire des mathématiques avancées (systèmes d'équations, calcul intégral, trigonométrie, etc.), la maîtrise des mathématiques de base est indispensable car elle permet de s'adapter aux sociétés modernes, de lire l'heure, de faire la cuisine, de gérer son budget.
Il est souhaitable de dépister rapidement (avant l'entrée en 2ème primaire - CE1, en tout cas) les difficultés en mathématique, de manière à éviter que l'enfant ne construise ses connaissances futures sur des fondations non fiables. La mise en œuvre d'une pédagogie adaptée s'avère parfois suffisante. Si ce n'est pas le cas, il peut être utile d'y associer une prise en charge rééducative.
Dans cette optique de dépistage précoce, MathEval a pour objectif l'évaluation qualitative et quantitative(1) :
- des performances(2) des enfants dès la deuxième maternelle (moyenne section)(3), de manière à identifier leur degré de maîtrise des éléments ou matières(4) inscrits au programme de l'enseignement fondamental. Du fait que certains enfants ont des performances acceptables (voire bonnes) dans certains secteurs et des déficits marqués dans d'autres, MathEval propose une évaluation analytique des performances, de manière à cibler au plus près les points forts et les points faibles.
- des compétences(2) de base, de la qualité des prérequis (traitement du nombre, numération, opérations arithmétiques, etc.). Au-delà de la maîtrise du programme, MathEval vise ainsi à aider à comprendre la raison d'être des difficultés éventuelles.
(1) Les résultats obtenus à chaque épreuve permettent de situer chaque enfant par rapport aux enfants du même âge et fréquentant la même année scolaire, soit en fréquences cumulées, soit via une échelle normalisée, de moyenne = 100 et d'écart-type = 15.
(2) Au sens de Chomsky.
(3) Cette version prévoit l'évaluation des enfants jusqu'à la 3ème primaire (CE2). Une suite est prévue pour couvrir les trois années ultérieures (4ème primaire -CM1- jusqu'à 6ème primaire -6ème de collège-). Dans la suite du texte, « M » désignera les maternelles et « P » les primaires.
(4) Cette dimension pédagogique est la moins développée actuellement ; seul le calcul mental (additions et soustractions) portant sur des nombres naturels jusque 10000 et le transcodage (lecture et écriture de nombres arabes) sont évalués pour l'instant.
MathEval est capable de discriminer non seulement les élèves en difficulté, mais aussi les élèves tout-venants. Néanmoins, du fait que l'objectif premier du test est de repérer les enfants potentiellement dyscalculiques, il ne discrimine pas aussi finement les élèves vraiment très doués en mathématique que ceux qui présentent des difficultés. Il est en effet construit autour d'un ensemble de tâches relativement spécifiques ; or, ce sont les tâches complexes, c'est-à-dire celles qui nécessitent des mises en relation nombreuses, qui sont les moins sujettes à un effet plafond et sont capables, de ce fait, de repérer correctement les élèves les plus doués.
À l'instar d'autres tests tels que le Tedimath, le Numerical ou le Zareki, MathEval s'inspire de la neuropsychologie et de la psychologie cognitive.
État de la recherche
Les modèles théoriques qui ont inspiré MathEval (McCloskey, Dehaene), et comment la recherche sur la dyscalculie a évolué depuis 2015.
