Le test en détail

Conception

En synthèse

MathEval fonctionne comme un système expert plutôt que comme un test papier classique : les questions s'adaptent en temps réel selon l'année scolaire de l'enfant et ses réponses. Il génère automatiquement un rapport détaillé et des notes chiffrées, sans jamais remplacer l'analyse clinique du testeur.

De bons tests d'évaluation diagnostique des apprentissages mathématiques existent sur le marché. Citons les plus connus d'entre eux : UDN-II, Numerical, Zareki, Tedi-Math.

MathEval se distingue des tests précités plus par sa conception que par son contenu.

À la différence des autres tests cités, tous en version papier et « linéaires » (à peu de choses près, les questions sont posées dans un ordre déterminé a priori), MathEval est informatisé et fonctionne comme un système expert.

  • Les questions se suivent de manière cohérente sans que l'intervention du testeur ne soit nécessaire, excepté pour enregistrer (par des clics de souris, le plus souvent) les réponses fournies par l'enfant.

Pour cela, le programme se base sur deux critères principaux :

  1. la classe fréquentée par l'enfant (de manière à s'adapter au niveau supposé de celui-ci) ;
  2. les réponses fournies aux questions en cours de test (de façon à s'adapter au niveau réel de l'enfant) ; ainsi, deux enfants de même âge et fréquentant la même classe ne seront pas confrontés aux mêmes questions (sauf cas très improbable où leur niveau serait exactement pareil).
  • Le programme fournit instantanément (sans intervention du testeur) une évaluation personnalisée sous la forme :
    1. d'un rapport complet, ouvert automatiquement dans le traitement de texte de l'utilisateur, et qui détaille les performances de l'enfant, secteur par secteur. Contrairement aux versions antérieures, il n'est plus nécessaire d'activer une macro pour rendre le rapport plus présentable.
    2. de notes chiffrées et présentées sous forme de tableaux (ouvertes automatiquement dans un fichier Excel, pour autant que les programmes Excel et Word soient présents sur l'ordinateur de l'utilisateur)
      1. par secteur — Chaque secteur se voit attribuer une note brute dont la valeur est estimée en fonction de la quantité et de la qualité des réponses fournies par l'enfant.
      2. d'une façon globale — À titre indicatif, une note globale (pour l'ensemble du test, sans les gnosies digitales) est fournie, de manière à estimer le « niveau global de l'enfant ». Comme rappelé ci-dessus, l'on fera preuve d'une grande prudence au moment d'interpréter cette note.

Précisons que plus les notes partielles sont hétérogènes, moins la note globale a de sens.

Les résultats bruts sont ensuite convertis et traduits de deux manières : en fréquences cumulées, et en scores normalisés (moyenne = 100 ; écart-type = 15).

Du fait de l'adaptation du logiciel au niveau de l'enfant, MathEval, à la différence des tests du marché, fournit une évaluation très rapide (de 12 min — perc. 25 — à 15 min — perc. 75, lorsque l'on connaît bien le test). C'est la raison pour laquelle cela ne pose pas de problème si d'autres sous-tests se surajoutent dans l'avenir.

Remarque très importante : réinsistons sur ce point — tout système expert qu'il est, MathEval ne dispense en aucune façon le testeur d'analyser les informations et résultats fournis dans les rapports et de les recouper avec d'autres données (intellectuelles, affectives, sociales, etc.). Cela permet d'exclure des causes exogènes (socio-culturelles, par ex.) ainsi que la présence de troubles non spécifiques (retard intellectuel, par ex.).

Le rapport énumère des informations susceptibles de fournir des pistes interprétatives ; il ne fournit en aucun cas un diagnostic au sens propre du terme !

Les résultats fournis par MathEval doivent être analysés au même titre que ceux obtenus à tout autre test, informatisé ou non, qu'il soit pédagogique, intellectuel ou autre. Rien n'empêche d'ailleurs l'examinateur d'ajouter lui-même au rapport engendré par le programme toute information supplémentaire qu'il jugerait utile.

L'on n'imagine mal qu'un psychologue se sente autorisé à tester un enfant (sur le plan intellectuel, pédagogique, etc.) en ignorant tout des théories auxquelles se réfère le test utilisé. Il en va de même pour un test de mathématique. Une connaissance (au moins minimale) du domaine s'avère nécessaire, ne fût-ce que pour comprendre la raison d'être des questions posées et, cela va de soi, pour être à même de comprendre, d'interpréter, voire de compléter le rapport fourni.

Ces recommandations ne s'adressent pas aux professionnels (elles font partie du b.a.-ba de leur formation) mais, le site étant accessible à chacun, ce rappel ne me semble néanmoins pas inutile.

Pour les curieux : comment le logiciel fonctionne techniquement

Le principe de base — des pages qui réagissent à des événements. MathEval est construit avec un logiciel appelé Mediator, qui fonctionne un peu comme un jeu de diapositives interactives : chaque écran du test est une « page ». Mais contrairement à un diaporama classique, chaque page peut réagir à ce qui s'y passe — un clic à gauche, un clic à droite, l'arrivée sur la page. Pour chaque type d'action possible, une petite recette est attachée : « si ceci se produit, fais cela. » C'est ce qu'on appelle, en informatique, la programmation événementielle — le même principe qui fait fonctionner un site web moderne ou une application sur smartphone.

La mémoire du test — les variables. Pendant que l'enfant répond, le logiciel garde en mémoire une série de compteurs (les « variables ») — un peu comme des cases dans un tableau, consultables et modifiables depuis n'importe quelle page. Une valeur fixée sur une page reste ainsi disponible dix, vingt, cinquante pages plus loin, ce qui permet au rapport final de « se souvenir » de tout le parcours de l'enfant.

La logique de décision — des conditions « Si… Alors… Sinon ». À chaque étape clé, le logiciel interroge ses propres variables : « si le score dépasse tel seuil, va vers telle page ; sinon, teste une autre condition. » Certaines de ces cascades comptent une quinzaine de conditions imbriquées, chacune couvrant un cas de figure précis — la structure de contrôle la plus fondamentale de toute la programmation, appliquée à chaque embranchement du parcours de l'enfant.

La construction automatique du rapport. Pour chaque combinaison possible de réussites et d'échecs, une phrase rédigée à l'avance est choisie et assemblée avec le prénom et les scores de l'enfant. Le logiciel fonctionne ici comme un moteur de génération de texte : il ne rédige rien lui-même, mais sait choisir, parmi des dizaines de phrases toutes faites, celle qui correspond exactement au chemin emprunté par l'enfant — un mécanisme répété pour chaque secteur testé, ce qui produit un rapport qui semble « écrit sur mesure » alors qu'il s'agit d'un assemblage automatique et rigoureux.

La conversion en normes. Le logiciel s'arrête à produire des scores bruts — des nombres qui, seuls, ne disent rien à un parent ou même à un clinicien non spécialisé. C'est une étape séparée, réalisée via des tableaux de référence construits à partir d'un échantillon d'enfants réellement testés au préalable, classés par âge et par classe, qui donne son sens clinique au test : le score brut y est recherché, puis converti en fréquence cumulée ou en note normalisée. C'est cette étape d'étalonnage qui transforme un simple compteur en véritable instrument de dépistage.